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En Belgique, le marché du
livre « papier » pèse 259,3 millions d’euros et diminue
d’année en année (-1,5% par rapport à 2011).
Si les
ménages consacrent une part toujours moins importante de leurs
revenus à l’achat de livres, il s’agit de tempérer ce
constat étant donné : le développement des achats de livres sur
internet et la stabilisation du prêt en bibliothèque.
En
effet, les bibliothèques publiques assurent annuellement près de
11 millions de prêts. Elles sont aussi des vecteurs de lien
social en organisant des animations et rencontres pour tous les
publics dont le nombre a doublé en 10 ans. Rappelons le rôle
essentiel des bibliothèques en faveur du développement de la
lecture et de l’accès au savoir.
Du côté de la
consommation de contenus via internet, l’étude menée auprès
d'un échantillon de lecteurs belges francophones ayant lu au
moins un livre par an, révèle que :
- 4 lecteurs sur 10
ont lu un livre numérique en 2012
- La part des livres achetés
parmi les livres lus est plus faible pour les livres numériques
que pour les livres imprimés
- 2 livres sur 10 sont achetés
en numérique
- 1/3 des lecteurs interrogés achètent des
livres en ligne
- Le lecteur belge privilégie une lecture de
livres numériques téléchargés en PDF
Bien qu’encore
minoritaire par rapport au livre « papier », l’édition
numérique belge 2012 pèse toutefois près de 35 millions d’euros
(dont 9,8 millions en édition propre de langue française) et le
secteur affiche une évolution de son chiffre d’affaire dans ce
secteur de 7,8% par rapport à 2011. Les sciences humaines
représentant 95% de la production numérique.
Ces chiffres
sur le secteur du livre témoignent de la mutation actuelle vers
le numérique et démontrent la nécessité d’accompagner les
acteurs de la chaine du livre dans ce changement, comme l’a
souhaité Madame la Ministre Fadila Laanan en mettant en place,
dès 2010, le plan de numérisation visant à renforcer le soutien
aux acteurs concernés dont les libraires, jouant un rôle
essentiel dans la diversité de l’offre culturelle.
1.
Les chiffres 2011 des bibliothèques publiques
Les
bibliothèques publiques sont parmi les opérateurs culturels les
plus fréquentés en Fédération Wallonie-Bruxelles avec 461.811
usagers individuels et 327.463 usagers inscrits via des
collectivités. On comptait, en 2011, 142 réseaux locaux pour
quelques 550 implantations. En 2011, les bibliothécaires ont
réalisé 10.764.694 prêts. Si le nombre d’usagers inscrits et
de prêts sont en baisse de 4 et 5%, le nombre de personne ayant
participé à des animations dans les bibliothèques publiques est
en hausse constante depuis 10 ans et atteint, en 2011, 729.529, ce
qui représente une augmentation de 117% par rapport à 2003. De
même le nombre hebdomadaire d’heures de consultation d’Internet
passe de 9.499 en 2008 à 10.773 en 2011. C’est aussi en 2011
que neuf premières bibliothèques ont été reconnues dans le
cadre du décret de 2009 sur le développement des pratiques de
lecture et que la Fédération Wallonie Bruxelles a inauguré le
portail Samarcande, donnant accès à 2.000.000 de titres
(6.000.000 d’exemplaires) disponibles dans les
bibliothèques publiques francophones.
2. Le marché du
livre de langue française en Belgique
En
Belgique, le marché des ventes du livre papier de langue
française, en 2012, pèse 259,3 millions d’euros. Il poursuit
sa régression progressive (-1.5 %) aggravée par l’inflation
(-4,2%).
On constate une évolution à deux vitesses, selon
les secteurs :
- 4 secteurs (jeunesse, scolaire et
parascolaire, littérature et poche, beaux livres et vie
pratique), soit 65 % du marché affichent une décroissance de
-4,8%
- 2 secteurs (sciences humaines et BD), soit 27 % du
marché affichent une croissance de 4,4%.
Données:
Les
statistiques indiquent que le marché « classique » du livre (en
euros constants, soit après neutralisation de l’inflation)
dégringole depuis 2007. Cette situation est sans doute la
résultante de plusieurs phénomènes différents :
- la
concurrence des nouvelles formes de loisirs, particulièrement
auprès des jeunes
- la disponibilité croissante de
contenus gratuits en ligne
- le recul des « grands lecteurs »
(plus de 20 ouvrages par an) et le transfert partiel de ces achats
vers des achats de livre en ligne et/ou de contenus numériques :
livres homothétiques, livres applications ou abonnement à des
bases de données.
En tout état de cause, année après
année, les ménages consacrent une part toujours moins importante
de leurs revenus à l’achat de livres.
Éléments-clés
du secteur du livre de langue française en Belgique:
-
Notre marché francophone intérieur continue à dépendre
majoritairement d’ouvrages essentiellement français
(importation de livres étrangers : 72 % du marché).
-
L’export représente 61 % de l’activité des maisons d’édition
belges francophones.
Le « taux de couverture » du marché
du livre, c’est-à-dire le rapport entre nos exportations et nos
importations (valorisées au prix de cession, soit à environ 50 %
du prix final hors taxes), est toujours supérieur à l’unité.
Le secteur du livre est le seul secteur culturel à pouvoir
afficher un tel résultat, puisque, pour tous les autres produits
culturels, nos importations sont largement supérieures à nos
exportations.
L’importance des librairies:
Les
librairies générales, spécialisées et succursalistes demeurent
le principal et premier canal de vente de livres, et stabilisent
ou font progresser leur position par rapport aux grandes surfaces,
notamment.
3. La consommation via internet
- 4
lecteurs sur 10 ont lu un livre numérique en 2012
C'est en
effet ce qu'affirment 40% des personnes interrogées. Parmi
ceux-ci, 2% du lectorat privilégie une lecture exclusivement
numérique. On peut donc noter que la lecture d'ebooks n'est
désormais plus une activité marginale. Sur la base d'un taux de
lecteurs de 62%, la pénétration du livre numérique au sein de
la population belge francophone avoisine les 26%.
- La part
des livres achetés parmi les livres lus est plus faible pour les
livres numériques que pour les livres imprimés
Le livre
numérique est encore fortement lié à la culture du gratuit.
Ainsi, 51% des livres de littérature générale ont été
achetés, le reste a été téléchargé gratuitement.
- 2
livres sur 10 sont achetés en numérique
C'est ce qu'il
ressort des déclarations des sondés qui consacrent en moyenne un
budget mensuel de 11,4 euros aux livres numériques tandis que
leur budget moyen mensuel pour l'achat de livres imprimés est de
24,6 euros.
- 1/3 des lecteurs interrogés achète des
livres en ligne
La proportion de lecteurs qui achètent des
livres en ligne est particulièrement interpellante. C'est la
première fois en Belgique que l'on obtient des chiffres à ce
sujet.
- Du PDF plus que de l'ePub
Le lecteur belge
privilégie une lecture de livres numériques téléchargés au
format PDF, ce qui explique qu'ils soient 71% à utiliser un
ordinateur comme appareil de lecture. Suivent par ordre
d'importance les tablettes numériques, les smartphones et les
liseuses. Le Belge a donc déjà pris l'habitude de consulter des
livres dématérialisés même s'il n'est pas encore équipé pour
une lecture mobile.
4. La part du numérique dans
l’édition
Les statistiques annuelles de production du
livre belge de langue française de l’Adeb présentent des
informations sur la production numérique de nos éditeurs.
En
2012, le chiffre d’affaires réalisé par la vente de produits
numériques (off line et on line) des éditeurs membres de l’Adeb
(asbl groupant les éditeurs de langue française de Belgique) est
de 35 millions d’euros (toutes langues) dont 9,8 millions en
édition belge propre de langue française. Les principales
catégories sont les sciences humaines et les livres pratiques
et/ou parascolaires.
5. Instances d’avis – bilan
des activités 2012
Le Conseil des bibliothèques publiques
s’est penché prioritairement en 2012 sur l’application de la
nouvelle législation relative au développement des pratiques de
lecture et les avis à donner sur 38 demandes de reconnaissance.
Un avis a également été remis sur le droit de rémunération
des auteurs pour le prêt public.
Le Conseil du livre a
remis des avis sur le droit de rémunération des auteurs sur le
prêt public et sur les marchés publics en termes d’édition.
Il s’est aussi préoccupé des questions liées à la
numérisation des acteurs de la chaine du livre.
La
Commission d’aide à l’édition a remis des avis sur des
dossiers de demande de prêt à l’édition ainsi que des
propositions pour renforcer le soutien aux projets numériques des
éditeurs.
La Commission d’aide à la librairie a remis
des avis quant au soutien financier de 264 animations littéraires
et de prêts sans intérêts pour des librairies labellisées.
Elle a également mené des réflexions et formulé des
propositions notamment sur les critères de labellisation, le
mark-up, la TVA.
La Commission des lettres a remis
des avis quant à l’octroi de 26 bourses littéraires à des
auteurs et l’achat de 78 ouvrages d’auteurs belge pour
diffusion à l’étranger.
La Commission d’aide à la BD
a remis des avis sur l’octroi de 18 bourses d’auteurs et 16
soutiens d’aides à des éditeurs de BD de création.
6.
Documentation
Les statistiques du livre 2012 (Marché du
livre de langue française, Production éditoriale en Fédération
Wallonie-Bruxelles et Observation des marchés numériques du
livre) sont disponibles en ligne sur le site du Ministère et sur
le site de l’Adeb.
Les bilans des instances d’avis
relevant du secteur des lettres et du livre sont en ligne sur les
sites : culture.be, lettresetlivre.cfwb.be, promotiondeslettres.be
et bibliotheques.be
( Ministère Fédération Wallonie-Bruxelles )
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