lundi 10 juin 2013

e marché papier du livre s’érode, le numérique commence à compter

Le Service général des Lettres et du livre de la Fédération Wallonie-Bruxelles a présenté, ce lundi 10 juin, le bilan de six instances d’avis relatives aux politiques publiques en matière de livres et de lecture pour l’année 2012. L’occasion pour ce large secteur de présenter ses statistiques et de jeter des ponts entre les différentes disciplines qu’il couvre. Pour la première fois, des chiffres sont présentés sur l'attractivité du livre numérique et l'évaluation du développement des marchés du livre en ligne.
En Belgique, le marché du livre « papier » pèse 259,3 millions d’euros et diminue d’année en année (-1,5% par rapport à 2011).
Si les ménages consacrent une part toujours moins importante de leurs revenus à l’achat de livres, il s’agit de tempérer ce constat étant donné : le développement des achats de livres sur internet et la stabilisation du prêt en bibliothèque.
En effet, les bibliothèques publiques assurent annuellement près de 11 millions de prêts. Elles sont aussi des vecteurs de lien social en organisant des animations et rencontres pour tous les publics dont le nombre a doublé en 10 ans. Rappelons le rôle essentiel des bibliothèques en faveur du développement de la lecture et de l’accès au savoir.
Du côté de la consommation de contenus via internet, l’étude menée auprès d'un échantillon de lecteurs belges francophones ayant lu au moins un livre par an, révèle que :
- 4 lecteurs sur 10 ont lu un livre numérique en 2012
- La part des livres achetés parmi les livres lus est plus faible pour les livres numériques que pour les livres imprimés
- 2 livres sur 10 sont achetés en numérique
- 1/3 des lecteurs interrogés achètent des livres en ligne
- Le lecteur belge privilégie une lecture de livres numériques téléchargés en PDF
Bien qu’encore minoritaire par rapport au livre « papier », l’édition numérique belge 2012 pèse toutefois près de 35 millions d’euros (dont 9,8 millions en édition propre de langue française) et le secteur affiche une évolution de son chiffre d’affaire dans ce secteur de 7,8% par rapport à 2011. Les sciences humaines représentant 95% de la production numérique.
Ces chiffres sur le secteur du livre témoignent de la mutation actuelle vers le numérique et démontrent la nécessité d’accompagner les acteurs de la chaine du livre dans ce changement, comme l’a souhaité Madame la Ministre Fadila Laanan en mettant en place, dès 2010, le plan de numérisation visant à renforcer le soutien aux acteurs concernés dont les libraires, jouant un rôle essentiel dans la diversité de l’offre culturelle.

1. Les chiffres 2011 des bibliothèques publiques 

Les bibliothèques publiques sont parmi les opérateurs culturels les plus fréquentés en Fédération Wallonie-Bruxelles avec 461.811 usagers individuels et 327.463 usagers inscrits via des collectivités. On comptait, en 2011, 142 réseaux locaux pour quelques 550 implantations. En 2011, les bibliothécaires ont réalisé 10.764.694 prêts. Si le nombre d’usagers inscrits et de prêts sont en baisse de 4 et 5%, le nombre de personne ayant participé à des animations dans les bibliothèques publiques est en hausse constante depuis 10 ans et atteint, en 2011, 729.529, ce qui représente une augmentation de 117% par rapport à 2003. De même le nombre hebdomadaire d’heures de consultation d’Internet passe de 9.499 en 2008 à 10.773 en 2011. C’est aussi en 2011 que neuf premières bibliothèques ont été reconnues dans le cadre du décret de 2009 sur le développement des pratiques de lecture et que la Fédération Wallonie Bruxelles a inauguré le portail Samarcande, donnant accès à 2.000.000 de titres (6.000.000 d’exemplaires)  disponibles dans les bibliothèques publiques francophones.


2. Le marché du livre de langue française en Belgique   

En Belgique, le marché des ventes du livre papier de langue française, en 2012, pèse 259,3 millions d’euros. Il poursuit sa régression progressive (-1.5 %) aggravée par l’inflation (-4,2%).

On constate une évolution à deux vitesses, selon les secteurs :
- 4 secteurs (jeunesse, scolaire et parascolaire, littérature et poche, beaux livres et vie pratique), soit 65 % du marché affichent une décroissance de -4,8%
- 2 secteurs (sciences humaines et BD), soit 27 % du marché affichent une croissance de 4,4%.

Données:
Les statistiques indiquent que le marché « classique » du livre (en euros constants, soit après neutralisation de l’inflation) dégringole depuis 2007. Cette situation est sans doute la résultante de plusieurs phénomènes différents :

- la concurrence des nouvelles formes de loisirs, particulièrement auprès des jeunes 
- la disponibilité croissante de contenus gratuits en ligne
- le recul des « grands lecteurs » (plus de 20 ouvrages par an) et le transfert partiel de ces achats vers des achats de livre en ligne et/ou de contenus numériques : livres homothétiques, livres applications ou abonnement à des bases de données.

En tout état de cause, année après année, les ménages consacrent une part toujours moins importante de leurs revenus à l’achat de livres.

Éléments-clés du secteur du livre de langue française en Belgique: 
- Notre marché francophone intérieur continue à dépendre majoritairement d’ouvrages essentiellement français (importation de livres étrangers : 72 % du marché). 
- L’export représente 61 % de l’activité des maisons d’édition belges francophones.

Le « taux de couverture » du marché du livre, c’est-à-dire le rapport entre nos exportations et nos importations (valorisées au prix de cession, soit à environ 50 % du prix final hors taxes), est toujours supérieur à l’unité. Le secteur du livre est le seul secteur culturel à pouvoir afficher un tel résultat, puisque, pour tous les autres produits culturels, nos importations sont largement supérieures à nos exportations.

L’importance des librairies:  
Les librairies générales, spécialisées et succursalistes demeurent le principal et premier canal de vente de livres, et stabilisent ou font progresser leur position par rapport aux grandes surfaces, notamment.


3. La consommation via internet

- 4 lecteurs sur 10 ont lu un livre numérique en 2012
C'est en effet ce qu'affirment 40% des personnes interrogées. Parmi ceux-ci, 2% du lectorat privilégie une lecture exclusivement numérique. On peut donc noter que la lecture d'ebooks n'est désormais plus une activité marginale. Sur la base d'un taux de lecteurs de 62%, la pénétration du livre numérique au sein de la population belge francophone avoisine les 26%.

- La part des livres achetés parmi les livres lus est plus faible pour les livres numériques que pour les livres imprimés
Le livre numérique est encore fortement lié à la culture du gratuit. Ainsi, 51% des livres de littérature générale ont été achetés, le reste a été téléchargé gratuitement.

- 2 livres sur 10 sont achetés en numérique
C'est ce qu'il ressort des déclarations des sondés qui consacrent en moyenne un budget mensuel de 11,4 euros aux livres numériques tandis que leur budget moyen mensuel pour l'achat de livres imprimés est de 24,6 euros.

- 1/3 des lecteurs interrogés achète des livres en ligne
La proportion de lecteurs qui achètent des livres en ligne est particulièrement interpellante. C'est la première fois en Belgique que l'on obtient des chiffres à ce sujet.

- Du PDF plus que de l'ePub
Le lecteur belge privilégie une lecture de livres numériques téléchargés au format PDF, ce qui explique qu'ils soient 71% à utiliser un ordinateur comme appareil de lecture. Suivent par ordre d'importance les tablettes numériques, les smartphones et les liseuses. Le Belge a donc déjà pris l'habitude de consulter des livres dématérialisés même s'il n'est pas encore équipé pour une lecture mobile.


4. La part du numérique dans l’édition

Les statistiques annuelles de production du livre belge de langue française de l’Adeb présentent des informations sur la production numérique de nos éditeurs.
En 2012, le chiffre d’affaires réalisé par la vente de produits numériques (off line et on line) des éditeurs membres de l’Adeb (asbl groupant les éditeurs de langue française de Belgique) est de 35 millions d’euros (toutes langues) dont 9,8 millions en édition belge propre de langue française. Les principales catégories sont les sciences humaines et les livres pratiques et/ou parascolaires.


5. Instances d’avis – bilan des activités 2012

Le Conseil des bibliothèques publiques s’est penché prioritairement en 2012 sur l’application de la nouvelle législation relative au développement des pratiques de lecture et les avis à donner sur 38 demandes de reconnaissance. Un avis a également été remis sur le droit de rémunération des auteurs pour le prêt public.

Le Conseil du livre a remis des avis sur le droit de rémunération des auteurs sur le prêt public et sur les marchés publics en termes d’édition. Il s’est aussi préoccupé des questions liées à la numérisation des acteurs de la chaine du livre.

La Commission d’aide à l’édition a remis des avis sur des dossiers de demande de prêt à l’édition ainsi que des propositions pour renforcer le soutien aux projets numériques des éditeurs.

La Commission d’aide à la librairie a remis des avis quant au soutien financier de 264 animations littéraires et de prêts sans intérêts pour des librairies labellisées. Elle a également mené des réflexions et formulé des propositions notamment sur les critères de labellisation, le mark-up, la TVA. 

La Commission des lettres a remis des avis quant à l’octroi de 26 bourses littéraires à des auteurs et l’achat de 78 ouvrages d’auteurs belge pour diffusion à l’étranger.

La Commission d’aide à la BD a remis des avis sur l’octroi de 18 bourses d’auteurs et 16 soutiens d’aides à des éditeurs de BD de création.


6. Documentation

Les statistiques du livre 2012 (Marché du livre de langue française, Production éditoriale en Fédération Wallonie-Bruxelles et Observation des marchés numériques du livre) sont disponibles en ligne sur le site du Ministère et sur le site de l’Adeb.

Les bilans des instances d’avis relevant du secteur des lettres et du livre sont en ligne sur les sites : culture.be, lettresetlivre.cfwb.be, promotiondeslettres.be et bibliotheques.be


Ministère Fédération Wallonie-Bruxelles )