Dans son deuxième rapport
consacré aux thérapies de soutien des patients atteints du cancer, le Centre
Fédéral d’Expertise des Soins de Santé (KCE) a examiné comment prévenir et
traiter les effets indésirables liés au traitement. L’utilité de nombreuses
pratiques couramment utilisées n’est pas démontrée par l’ ‘évidence’
scientifique. Il existe peu d’études fiables. En effet, on investit plus dans la
découverte de nouvelles thérapies que dans les méthodes de prévention ou de
traitement de leurs effets
secondaires. Le KCE plaide pour davantage de recherche ainsi que pour une information claire du
patient avant et pendant le traitement.
Peu après la détection d’ une
tumeur maligne, les patients ne se sentent pas toujours malades ou ne ressentent
que peu ou pas de symptômes. Mais lorsque la radiothérapie ou la chimiothérapie
commence, ils peuvent se retrouver désemparés face aux effets secondaires
désagréables de la thérapie. Outre la bien connue chute de cheveux, ces patients
ont alors aussi affaire aux aphtes dans la bouche, aux problèmes de peau, aux nausées, aux problèmes neurologiques
(picotements ou sensations
d’engourdissement dans les mains et les pieds), à un risque accru d’infections,
etc. Il s’agit souvent de complications graves qui peuvent sévèrement détériorer
la qualité de vie et parfois s’avérer mortelles.
Jusqu’à présent, les
prestataires de soins n’avaient pas toujours une vue d’ensemble des manières de
contrer certains de ces effets indésirables. Le KCE s’est concentré sur ces
effets et a étudié l’efficacité des mesures préventives et curatives dans la
littérature scientifique. Ensuite, le Centre a formulé des recommandations aux
prestataires concernés par les soins aux patients cancéreux à savoir les
oncologues, les radiothérapeutes, les chirurgiens, les médecins généralistes,
etc.
Beaucoup de pratiques ne sont pas scientifiquement
démontréesBeaucoup de pratiques courantes appliquées en prévention ou en
traitement des effets indésirables ne sont pas démontrées par une ‘évidence’
scientifique robuste. Ainsi,
aucune preuve ne permet
d’affirmer que les bains de pied (après la chimiothérapie) et les crèmes pour la
peau (après l’irradiation)
préviennent ou traitent les problèmes de peau. En outre, certains bains de bouche contenant un
médicament actif contre les aphtes et les infections buccales dues à des champignons ne sont pas recommandés. Les perfusions de calcium et de
magnésium contre certains problèmes neurologiques et l’utilisation du cannabis médical contre les vomissements
ne le sont pas non plus.
D’autres le sontAinsi, les glaçons, antibiotiques, Imodium™ et
autres médicaments contre la nausée soulagent le patient. Il existe suffisamment
de preuves solides
d’efficacité dans la prévention et le traitement des infections graves par les antibiotiques chez des patients
sélectionnés, de préférence en ambulatoire ou lors d’un court séjour à
l’hôpital. De bonnes études prouvent que le recours au Loperamide, mieux connu sous le nom d’Imodium™, soulage
la diarrhée provoquée par la chimio- ou la radiothérapie. Il en va de même pour
les médicaments actuellement administrés oralement ou en perfusion en prévention de la
nausée. Quant aux glaçons, ils
sont fortement recommandés pour empêcher l’apparition des aphtes.
Il est nécessaire de
réaliser plus de recherchesLes études scientifiques sont rares, difficiles à
trouver et pas toujours de bonne qualité. On comprend que les chercheurs et
l’industrie investissent beaucoup dans la recherche et les essais sur les nouveaux médicaments.
Mais, afin d’améliorer la qualité de vie des patients, il faudrait consacrer
plus d’attention aux effets secondaires indésirables de ces médicaments, même
après leur mise sur le marché.
Une information claire et complète
avant et pendant le traitementAvant de pouvoir donner leur consentement, les
patients devraient recevoir une information claire et complète sur les effets
secondaires potentiels, les alternatives et les conséquences financières de la
thérapie qui leur est proposée. Pendant le traitement, ils doivent également
pouvoir accéder facilement à l’information relative aux mesures préventives et à
l’accompagnement qu’ils peuvent obtenir.
Série de rapports sur les
thérapies de soutien pour les patients atteints du cancerCe rapport est le
deuxième rapport sur les thérapies de soutien aux patients atteints du cancer.
Le rapport précédent (rapport KCE 185) étudiait l’utilité thérapeutique de
l’exercice physique pendant le traitement du cancer. Le soutien psychologique et
le traitement de la douleur cancéreuse feront l’objet des deux rapports
suivants.
( Centre Fédéral d'Expertise des Soins de Santé )