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mercredi 2 octobre 2013

Professions réglementées: la Commission européenne et les États membres vont évaluer les obstacles à l'accès

La Commission européenne a adopté aujourd’hui une communication dans laquelle elle annonce le début d’une évaluation des réglementations nationales en matière d’accès aux professions. Les professions réglementées sont des professions auxquelles l'accès est subordonné à la possession d'un titre de formation déterminé ou pour lesquelles l'utilisation d'un titre spécifique est protégée (pharmacien ou architecte, par exemple). Ces restrictions peuvent être justifiées par des motifs très valables, par exemple la protection des consommateurs. Cependant, des conditions d'accès trop restrictives à certaines professions peuvent décourager, voire empêcher, les jeunes d'entrer sur le marché du travail. En raison des différences entre les régimes réglementaires, les professionnels qualifiés peuvent rencontrer des difficultés pour postuler à un emploi dans un autre État membre.
Améliorer l’accès aux professions dans les États membres, notamment grâce à un environnement réglementaire plus proportionné et plus transparent, faciliterait la mobilité des professionnels qualifiés dans le marché unique et la prestation transfrontière de services professionnels. Cela pourrait aussi améliorer la situation de l’emploi et renforcer la croissance économique, d’autant plus que les services professionnels représentent à eux seuls environ 9 % du PIB dans l’Union européenne.
Un rapport présentant les conclusions de l'examen par les pairs mené dans le cadre de la directive «services» concernant les exigences de forme juridique et de détention du capital imposées aux prestataires, est également publié aujourd'hui afin d'offrir un aperçu plus complet des obstacles entravant l'accès aux professions réglementées et leur exercice. Ces exigences, qui s'ajoutent souvent aux restrictions d'accès à la profession, peuvent entraver la création de filiales ou de cabinets pluridisciplinaires.
M. Michel Barnier, commissaire européen chargé du marché intérieur et des services, a déclaré: «Malgré tous nos efforts, la mobilité des professionnels dans l’Union européenne reste faible. Les conditions à remplir pour accéder à certaines professions sont parfois lourdes et complexes; très souvent, elles varient fortement d'un État membre à l'autre. Cela n'encourage pas les travailleurs à chercher et à obtenir un emploi dans les autres États membres. Je suis convaincu qu'il sera utile que les États membres recensent les professions qui sont réglementées, puis réalisent un examen et une évaluation des obstacles à l'accès aux professions. Il ne s’agit pas de déréglementer les professions ou de sanctionner les États membres, mais plutôt de veiller à un meilleur accès aux services professionnels en examinant comment organiser au mieux l'accès aux professions dans le cadre d'un système simplifié, proportionné, sûr et transparent.»
Principaux éléments de la communication
La communication adoptée aujourd'hui met en œuvre des exigences énoncées dans la directive révisée sur les qualifications professionnelles, concrétisant l'une des priorités de l'Acte pour le marché unique de 2011. Elle prévoit tout d’abord une démarche de transparence: chaque État membre devra communiquer la liste des professions qu'il réglemente, y compris au niveau régional. La Commission publiera ensuite cette liste sous la forme d’une carte européenne des professions réglementées, qui indiquera clairement quelles sont les professions réglementées dans chaque pays. Grâce à cette carte, un professionnel qui souhaite travailler dans un autre État membre pourra connaître les conditions imposées par chaque pays pour l'emploi qui l'intéresse.
Les conditions d’accès aux professions peuvent varier fortement d'un État membre à l'autre. Souvent, les raisons de ces différences sont difficiles à comprendre. Dans une deuxième phase, les États membres sont invités à mener, au cours des deux prochaines années, une évaluation mutuelle des obstacles qui limitent l'accès à certaines professions sur leurs territoires respectifs. Le processus lancé aujourd'hui prévoit un plan de travail ambitieux pour la Commission et les administrations nationales qui participent à l’évaluation mutuelle. Les parties prenantes, en particulier les représentants des professionnels, y seront pleinement associées. Ce processus devrait aussi permettre un dialogue entre les États membres utilisant des approches différentes, dans le cadre duquel devraient être examinées les incidences de tous les types de restrictions, formelles et informelles, à l’accès à certaines activités professionnelles.
Les résultats de l’Eurobaromètre spécial «Marché intérieur» (numéro 398), également publiés aujourd’hui, donnent une idée de la manière dont les consommateurs perçoivent ces questions. Les Européens considèrent qu'outre la possession de qualifications spécifiques la réputation et l'expérience professionnelle sont des éléments très importants dans le choix d'un prestataire de services.
Contexte
Les formalités disproportionnées pour accéder aux professions réglementées figuraient parmi les problèmes mis en exergue par le Conseil européen dans ses conclusions du 2 mars 2012, lorsqu'il appelait à supprimer les barrières réglementaires injustifiées dans le marché unique. De même, le 14 juin 2012, le Parlement européen a invité la Commission à «déterminer les domaines dans lesquels les États membres entravent l'accès aux professions réglementées». Des réformes importantes sont déjà en cours au Portugal, en Pologne, en Italie, en Slovénie et en Espagne pour faciliter l’accès aux professions réglementées. La question a également été abordée dans les recommandations par pays pour certains États membres.
Dans sa communication du 8 juin 2012 intitulée «Un partenariat pour une nouvelle croissance dans les services — 2012-2015», la Commission a souligné l’importance de moderniser le cadre réglementaire pour les services professionnels et annoncé une communication sur les professions réglementées.
Avec la communication d'aujourd'hui, c'est la mise en œuvre de l'article 59 de la directive révisée sur les qualifications professionnelles qui commence, concrétisant l'une des priorités de l'Acte pour le marché unique de 2011. Cette disposition de la directive, sur laquelle un accord politique a été trouvé en juin , impose à tous les États membres d'examiner toutes leurs réglementations nationales limitant l’accès aux professions et de participer à une évaluation mutuelle.
La communication d'aujourd'hui se fonde également sur les conclusions d’un atelier (de travail) organisé le 17 juin 2013 avec les ministères nationaux et les parties prenantes représentant les professions.
En juillet 2012, le Conseil européen a approuvé les recommandations faites par la Commission à plusieurs États membres sur la nécessité, pour renforcer leur économie et leur compétitivité, d'assouplir les conditions d'accès aux services professionnels. En 2013, ces recommandations ont été maintenues et même étendues pour certains États membres.

La Commission approuve une aide de 20,5 millions d'euros à Renault pour le développement de véhicules utilitaires diesel hybrides

La Commission européenne a conclu que l'aide attribuée par la France au constructeur automobile Renault pour la réalisation du projet de recherche et développement « HYDIVU » était conforme aux règles de l'UE relatives aux aides d'État. Ce projet vise à développer une technologie hybride diesel pour véhicules utilitaires de type fourgon. À l’issue du projet, Renault équipera les familles Trafic et Master d'un nouveau moteur hybride. La consommation de diesel et les émissions de CO2 de ces deux modèles seront sensiblement réduites. L'aide publique répond à une véritable défaillance de marché sans susciter de distorsion indue de la concurrence.Renault recevra 20,5 millions d'euros d'aides d'État : 3,8 millions d'euros de subventions, 3,4 millions d'euros d'avances récupérables pour la recherche industrielle et 13,1 millions d'euros d'avances récupérables pour le développement expérimental.Joaquín Almunia, vice-président de la Commission chargé de la concurrence, a déclaré à ce sujet : « Près de 2 millions de véhicules utilitaires sont vendus chaque année en Europe. Ce projet doit permettre une réduction substantielle de leur consommation de carburant et de leurs émissions de CO2, contribuant ainsi aux objectifs de l'UE en matière d'innovation, d'environnement et de sécurité énergétique sans pour autant nuire à la concurrence. »La Commission a examiné la compatibilité de l'aide au regard de ses lignes directrices relatives aux aides à la recherche, le développement et l'innovation . La Commission a conclu que l'aide remédiait à une véritable défaillance de marché et qu'elle était à la fois nécessaire et suffisante pour inciter Renault à réaliser un projet de R&D que l'entreprise n'aurait pas mené spontanément.
Il s'agit du troisième dossier d'aide d'État autorisé par la Commission visant à soutenir des activités de R&D pour le développement d'un nouveau système de motorisation hybride. L'aide à Renault présente cependant la particularité de viser spécifiquement les véhicules utilitaires, alors que les précédents concernaient les véhicules particuliers : en juillet 2013, la Commission a autorisé une aide à VALEO pour la réalisation du projet « ESSENCYELE »  (hybridation essence) ainsi qu'une aide à PSA destinée au projet « 50CO2Cars » (hybridation diesel) 
Contexte
Historiquement, en Europe, les véhicules utilitaires sont dérivés des véhicules particuliers. Ils partagent la même disposition générale (roues avant motrices, moteur disposé en transversal à l'avant, structure monocoque), les mêmes organes moteurs et les mêmes systèmes de transmission. En matière de R&D, les constructeurs se contentent donc généralement d' « adapter » aux utilitaires les innovations préalablement développées pour les voitures, ce qui limite les risques d'échec technologique mais conduit à un résultat sous-optimal, dans la mesure où les technologies adaptées ne répondent pas parfaitement aux contraintes de fonctionnement des utilitaires : puissance insuffisante pour assurer la propulsion de véhicules plus lourds et moins aérodynamiques, qui doivent par ailleurs transporter des charges importantes sur longue distance (autoroute). Avec HYDIVU, RENAULT développera au contraire un moteur hybride spécifiquement conçu et globalement optimisé pour les véhicules utilitaires.
RENAULT mènera le projet HYDIVU en collaboration avec trois autres entreprises (Continental, Valeo et LMS International) et un organisme de recherche (IFPEN). Pour les partenaires qui en bénéficieront, les aides d'État pour la réalisation d'HYDIVU sont conformes à un régime français d'aides à la R&D  qui respecte les critères d'un règlement exemptant certaines catégories d'aides de l'autorisation préalable de la Commission.

mardi 1 octobre 2013

Cinq États membres ont dépassé leur quota laitier en 2012/2013 (pour les livraisons)

Cinq États membres, à savoir l’Autriche, l’Allemagne, le Danemark, la Pologne et Chypre, ont dépassé leurs quotas laitiers pour les livraisons en 2012/2013 et doivent donc verser des pénalités («superprélèvement») représentant un montant total d’environ 46 millions d’euros. Malgré le dépassement des quotas dans ces États membres, les livraisons totales de l'Union sont restées bien en deçà (- 6,0 %) des volumes contingentaires totaux si l'on compare au pourcentage de - 4,7 % enregistré en 2011/2012. En outre, les Pays-Bas ont dépassé leur quota pour les ventes directes de 1 100 t (1,4 %) et doivent s'acquitter d'un prélèvement de301 000 €.D'après leurs déclarations respectives pour l'année contingentaire prenant fin le 31 mars 2013, l'Autriche, Allemagne, le Danemark, la Pologne et Chypre ont dépassé leurs quotas nationaux de 163 700 tonnes au total, malgré l'augmentation des quotas de 1 % au cours de l'année 2012/2013, décidée dans le cadre du bilan de santé de la PAC de 2008.Le nombre d'États membres dépassant leurs quotas reste limité et la production excédentaire en cause représente 0,1 % de l'ensemble du lait livré ou concerné par les ventes directes (contre 0,2 % pour l'année contingentaire précédente). Quelque 22 États membres ont respecté les quotas et 13 d'entre eux sont même restés sous la barre des 10 % en dessous de leur quota de livraison.Le régime des quotas laitiers sera supprimé le 1er avril 2015 et pour que la transition soit la plus harmonieuse possible, il a été convenu, dans le cadre du bilan de santé de la PAC de 2008, d’établir une augmentation progressive des quotas (+ 1 % par an) jusqu’à l’année contingentaire 2013/2014. La Commission présentera un rapport d'ici à juin 2014 sur l’état du marché, comprenant l’examen détaillé de la manière dont les États membres mettent en œuvre le «paquet lait 2012» , lequel sera accompagné le cas échéant de propositions de modifications. La semaine dernière, la Commission a organisé une conférence des parties prenantes sur le secteur laitier après 2015. Une synthèse reprenant les conclusions de cette conférence sera examinée au sein de la commission de l’agriculture du Parlement européen et par les ministres au Conseil avant la fin de l’année et ces discussions seront prises en compte dans l’élaboration du rapport de la Commission.
Comment fonctionne le système?
Le régime des quotas laitiers a été mis en place dans les années 1980 afin de résoudre les problèmes de surproduction. Chaque État membre se voit attribuer deux quotas, concernant respectivement les livraisons aux laiteries (97,6 % du total de l'Union) et les ventes directes au niveau des exploitations (2,4 %). Les États membres répartissent ces quantités entre leurs producteurs (quotas individuels). En cas de dépassement du quota national, un prélèvement sur les excédents (souvent appelé «superprélèvement») de 27,83 € pour 100 kg est dû, dans l’État membre concerné, par les producteurs au prorata de leur contribution au dépassement au cours de l'année contingentaire (1er avril – 31 mars). Ces chiffres sont établis après une nouvelle répartition des quotas non utilisés par d'autres producteurs.