samedi 21 juillet 2018

Bois importé : la Belgique augmente ses contrôles pour lutter contre le bois illégal


Les bois tropicaux sont à la mode : la Belgique en importe de grandes quantités chaque année. Malheureusement, certains lots sont d’origine illégale et contribuent à la déforestation. En 2017, la ministre Marghem a décidé l’engagement de 7 nouveaux inspecteurs au SPF Santé publique. Un de leurs objectifs est de mieux surveiller les importations de bois. Ces engagements ont été payants :  depuis octobre 2017, la cellule est opérationnelle et les inspecteurs ont pu effectuer 5 fois plus de contrôles que les années précédentes.

Les forêts sont essentielles à la vie : elles fournissent de l’oxygène, abritent une grande biodiversité et font vivre plus de 1,6 milliards de personnes dans le monde. Pour lutter contre l’exploitation illégale de bois, un règlement européen existe depuis 2013. Il oblige les entreprises qui souhaitent commercialiser du bois à appliquer le principe de diligence raisonnée : elles doivent réunir un maximum d’informations administratives sur les lots qu’elles achètent et évaluer le risque que du bois illégal entre dans la chaîne d’approvisionnement. Si le risque existe, les importateurs doivent effectuer des contrôles supplémentaires.

Malgré ce règlement, du bois illégal passe encore régulièrement nos frontières. Les autorités belges ont donc décidé de renforcer leurs contrôles. 7 nouveaux inspecteurs environnementaux ont été engagés en 2017 au sein du SPF Santé publique afin, notamment, de mieux informer les importateurs de bois sur la législation à suivre et de détecter les éventuelles infractions. En octobre, les contrôles ont commencé.

Sur 15 contrôles effectués, 11 entreprises ont été constatées en infraction. Les inspecteurs ont dressé 4 PV d’infraction et 7 PV d’avertissement. Si les importateurs ne régularisent pas leur situation, ils risquent des amendes importantes.

D’ici fin 2018, une vingtaine d’entreprises vont encore être contrôlées et les inspecteurs vont commencer à prélever des échantillons de bois. Si les analyses révèlent que le bois est d’origine illégale, des lots pourront être saisis.

Les inspecteurs environnementaux du SPF Santé publique surveillent également le commerce des espèces de bois tropicaux menacées d’extinction, qui est très réglementé au niveau international par la convention CITES. Il s’agit principalement de bois de palissandre, de bois de rose et d’afromosia. 

Pour tous leurs contrôles, les inspecteurs travaillent en partenariat avec l’administration des Douanes et Accises.

En multipliant les contrôles, le SPF Santé publique espère diminuer fortement le trafic de bois illégal. Les citoyens peuvent aussi contribuer à la sauvegarde des forêts, en achetant des produits labellisés FSC et PEFC. Ces labels offrent la garantie que le bois utilisé provient de forêts gérées durablement.

2017 : forte accélération de la lutte contre le trafic des espèces menacées


En 2017, la convention CITES, qui réglemente le commerce des espèces menacées, a été étendue à de nouvelles espèces. La Ministre de l’Environnement, Marie-Christine Marghem, a renforcé l’équipe CITES du SPF Santé publique afin de gérer au mieux la délivrance de permis et de contrôler d’avantage le marché des plantes et animaux protégés par la CITES. Voici les résultats de l’année écoulée.

En 2017, la cellule CITES du SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement a délivré 2871 permis (importations, exportations et réexportations) et 7189 certificats (pour le commerce intra-communautaire). Cette très forte augmentation de demande de certificats (plus du double des années précédentes) est due au fait que de nouvelles espèces ont été ajoutées à l’annexe 1 (qui protège les espèces les plus menacées) de la convention CITES, dont le perroquet Gris du Gabon, très prisé en Belgique. Dans l’Union, le commerce des animaux vivants portent essentiellement sur les perroquets, les tortues terrestres et les rapaces. 

Les importations de produits concernent principalement des articles en cuir de reptiles et du bois dur africain. 6000 m3 de sciage d’afrormosia en provenance du Cameroun et 2000 m3 de sciages et de grumes venant de RDC ont été importés en Belgique.

En septembre 2017, une cellule « Inspection Espèces » a été créée pour surveiller le commerce du bois et des espèces menacées. Les inspecteurs ont traité 160 dossiers d’octobre 2017 à mai 2018. Ils ont saisi 121 spécimens: des dents d’éléphants, des animaux naturalisés (dont une panthère noire), du corail, des bénitiers, mais aussi des rapaces et des perroquets vivants. Au total, les inspecteurs ont dressé 57 PV d’infractions. Ces dossiers de saisie ont été portés devant les tribunaux. 24 auditions ont été menées en collaboration avec la justice. Les juges prononcent des peines de plus en plus sévères : en octobre 2017, un ressortissant Belge a été condamné à 9 mois d’emprisonnement pour la capture de 334 tortues au Maroc.

La cellule Inspection Espèces collabore activement avec l’Administrations des Douanes et des Accises (pour les contrôles aux frontières), la police (pour des opérations ciblées) et l’AFSCA. Au cours de l’année 2017, ces services ont enregistré un total de 295 dossiers de saisies. Régulièrement, les experts du SPF Santé publique organisent des formations pour le personnel de la police et des douanes.

La Ministre, Marie Christine Marghem, voit dans ces résultats le fruit de son engagement dans la lutte contre la criminalité environnementale. L’engagement des nouvelles recrues au sein des services CITES a permis d’augmenter les contrôles et de contribuer efficacement à la sauvegarde des espèces menacées. 
(presscenter)

lundi 23 avril 2018

Modifications concernant l'accompagnement lors de l'obtention du permis de conduire B en Belgique


Sur proposition du ministre de la Mobilité François Bellot, le Conseil des ministres a approuvé un projet d'arrêté royal qui modifie la règlementation en matière de permis de conduire provisoire, plus précisément au sujet du certificat d’aptitude, et apporte des modifications en ce qui concerne le guide, dans le cadre de l'accompagnement lors de l'obtention du permis de conduire B.

Le projet prévoit un certain nombre de modifications relatives au permis de conduire provisoire sans guide et à sa délivrance. Actuellement, il est prévu pour la délivrance de ce permis de conduire sans guide que le candidat doit avoir 18 ans, avoir suivi 20 heures de cours et être titulaire d'un certificat d'aptitude, délivré par une école de conduite. Dans son projet de réforme de l'apprentissage à la conduite, la Région wallonne souhaite que le certificat d'aptitude soit délivré par les centres d'examen après que le candidat ait réussi un test d'aptitude. Considérant que la compétence en matière de permis de conduire provisoire, et notamment ses conditions de délivrance, relève de la compétence de l'Etat fédéral, ce projet vise à permettre aux communes de délivrer le permis de conduire provisoire sans guide au titulaire d'un certificat d'aptitude.

De plus, en vertu de la loi spéciale relative à la sixième réforme de l’État, le candidat qui réside dans une région doit pouvoir faire l'apprentissage à la conduite dans la région de son choix et passer les examens dans la région de son choix. Cela signifie que la modification fédérale permet aussi bien à un candidat résidant en Région wallonne d'obtenir un permis de conduire provisoire sans guide après avoir fait sa formation à la conduite en Région de Bruxelles-Capitale ou en Région flamande et y avoir obtenu un certificat d'aptitude délivré par l'école de conduite bruxelloise ou flamande concernée. Un candidat de la Région de Bruxelles-Capitale ou de la Région flamande peut également obtenir un permis de conduire provisoire sans guide après avoir suivi une formation à la conduite en Région wallonne et y avoir obtenu un certificat d'aptitude délivré par un centre d'examen wallon. 

Ce changement permet également aux Régions de déterminer le cas échéant les heures nécessaires pour l'obtention d'un certificat d'aptitude. Il est tenu compte tant du certificat d'aptitude actuel (requis pour le fonctionnement des systèmes des régions de Bruxelles-Capitale et flamande) que du certificat d'aptitude délivré par les centres d'examen (requis pour le fonctionnement de la réforme wallonne à la conduite). 

L'interdiction d'avoir été mentionné comme guide sur un autre permis de conduire provisoire pendant l'année qui précède la date de délivrance du permis de conduire provisoire ne s'applique pas à l'égard de ses enfants, de ses petits-enfants, de ses soeurs et frères, de ses pupilles ou de ceux de son partenaire légal. Ainsi, les (petits-) enfants des (grands-) parents dans un ménage de fait ne peuvent pas profiter de l'exception. De plus, les candidats ne peuvent à présent pas avoir leur partenaire comme guide si ce dernier est déjà le guide d'une autre personne, alors que les statistiques démontrent que l'obtention du permis de conduire se fait, plus souvent qu'auparavant, plus tard dans la vie. La présente exception est donc étendue au partenaire du guide (son conjoint ou la personne avec laquelle il cohabite légalement ou avec laquelle il forme un ménage de fait) et les enfants, les petits-enfants, les soeurs, les frères et les pupilles de celui-ci. La cohabitation du guide et de la personne avec laquelle il déclare former un ménage de fait est établie par la résidence principale enregistrée au Registre national.

Le projet est soumis au Comité de concertation et ensuite à l'approbation du Conseil d'Etat. 

Projet d'arrêté royal modifiant l'arrêté royal du 10 juillet 2006 relatif au permis de conduire pour les véhicules de catégorie B

Participation belge à l'opération Open Spirit 2018 au large des côtes estoniennes


Sur proposition du ministre de la Défense Steven Vandeput, le Conseil des ministres a marqué son accord sur la participation belge à l'opération Open Spirit 2018.

Cet accord concerne plus particulièrement l'engagement opérationnel du chasseur de mines Narcis avec environ 45 militaires, trois membres d’état-major belges à bord du navire d'état-major de l'OTAN Mercuur et deux officiers belges à bord du navire d'état-major Jotvingis pendant le mois de mai 2018 pour environ trois semaines, dans le cadre de l’opération de déminage Open Spirit 2018 qui aura lieu au large des côtes estoniennes.

Pendant cette mission, le Narcis contribuera à la détection et à la destruction des mines marines et d’engins explosifs provenant des deux guerres mondiales dans les eaux territoriales et dans la Zone économique exclusive (ZEE) de l’Estonie. Il ne sera procédé à la destruction d’un engin qu’après une identification positive de celui-ci. Au-delà de rendre la mer Baltique plus sure, cette mission maintiendra également l’expertise précédemment acquise.

jeudi 7 décembre 2017

Chemins de fer : introduction des amendes administratives - Deuxième lecture


Sur proposition du ministre de la Mobilité chargé de la SNCB François Bellot, le Conseil des ministres a approuvé en deuxième lecture un avant-projet de loi sur la police des chemins de fer.
L'avant-projet a été adapté à l'avis du Conseil d'Etat, de la Commission de la protection de la vie privée et des autorités flamandes. Il introduit la notion d'amende administrative dans l’arsenal des mesures disponibles pour sanctionner de manière effective des comportements contraires aux obligations en matière d’utilisation du transport ferroviaire et à la sécurité de l’infrastructure ferroviaire. À l’heure actuelle, la poursuite de tels comportements implique systématiquement une procédure lourde, longue et coûteuse, qui nécessite souvent de faire appel à des prestataires externes, tels huissiers de justice et avocats.
En ce qui concerne Infrabel, les infractions concernées ont principalement trait à l'interdiction de circuler sur les lignes ferroviaires ainsi qu'aux interdictions de tout ce qui met en danger la conservation de l'infrastructure ferroviaire. En ce qui concerne la SNCB, les infractions ont principalement trait au fait de voyager sans titre de transport valable, ainsi qu’à tous comportements dans le train, dans la gare et sur le quai qui nuisent aux intérêts de l'opérateur ferroviaire ou importunent d'autres voyageurs.
Certaines des infractions visées seront désormais exclusivement passibles d'une amende administrative, tandis que d'autres seront passibles, ou bien de poursuites pénales, ou bien d'une amende administrative. Les agents constatateurs et les membres du cadre opérationnel des services de police seront chargés de veiller au respect de la législation sur la police des chemins de fer et ils constateront les infractions par des constats et des procès-verbaux. L'avant-projet prévoit quatre catégories d'amendes administratives (aux montants de base fixes de 50, 100, 250 et 300 euros) en fonction du taux de la peine, étant entendu que le taux de peine final tient également compte d'éventuelles récidives dans un délai de 365 jours. Il est toujours possible de présenter sa défense par écrit ou, dans certains cas, oralement. En outre, le projet prévoit une possibilité de recours devant le Tribunal de police ou le Tribunal de la famille.
Pour que la réaction soit rapide et que l'effectivité de l'amende administrative soit la plus grande possible, le projet prévoit l'application d'un délai de prescription d'un an à compter du procès-verbal constatant l'infraction.
Le projet de loi peut être soumis à la signature du Roi en vue de son dépôt à la Chambre des représentants.
Belga

jeudi 23 novembre 2017

Instauration de l'infiltration civile comme méthode particulière de recherche



Sur proposition du ministre de la Justice Koen Geens, le Conseil des ministres a approuvé un avant-projet de loi modifiant le Code d’instruction criminelle en vue d’introduire des dispositions légales en matière d’infiltration civile.

L’avant-projet modifie le Code d’instruction criminelle afin d’élargir les trois méthodes particulières de recherche existantes (recours aux indicateurs, observation et infiltration) à une quatrième méthode particulière de recherche, l’infiltration civile.

Un infiltrant civil est une personne qui n’est pas un fonctionnaire de police et qui entretient, moyennant autorisation et sur instruction du ministère public (et sous contrôle d’une instance judiciaire), des contacts confidentiels, durables et ciblés, sous une identité fictive ou non, avec une ou plusieurs personnes concernant lesquelles il existe des indices sérieux qu'elles commettent des infractions dans le cadre d'une organisation criminelle ou des infractions terroristes.

L’application de l’infiltration civile se limite à la recherche et à la poursuite des formes de criminalité pouvant le plus fortement déstabiliser la société. L’infiltration civile ne peut s’appliquer que si l’enquête l’exige et si les autres moyens d'investigation ne semblent pas suffisants à la manifestation de la vérité. Il faut en particulier vérifier si l’infiltration policière ne serait pas suffisante pour atteindre le même objectif. L’identité et la qualité de l’infiltrant civil sont protégés en tout temps. Seuls les fonctionnaires de police impliqués et le ministère public en sont informés.

Le recours à un infiltrant civil ne peut donc livrer qu'une preuve corroborante. Les éléments de preuve obtenus en vertu de l'application d’une infiltration civile ne peuvent être pris en considération que s’ils sont corroborés dans une large mesure par d'autres éléments de preuve.

L’avant-projet est transmis pour avis au Conseil d’Etat.
Belga