mardi 1 mars 2016

Fukushima, quels enseignements pour nos centrales nucléaires ?


Le 11 mars 2011, un tremblement de terre suivi d’un tsunami a touché le Japon, endommageant gravement la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. De grandes quantités de substances radioactives ont été rejetées dans l’environnement et pas loin de 200.000 personnes ont dû être évacuées. Les conséquences auraient été bien plus graves si le vent n’avait pas soufflé la plupart du temps vers l’océan.

Tirer toutes les leçons 

Cette catastrophe a replacé la sûreté du nucléaire au centre des discussions. Ainsi,  toutes les centrales nucléaires dans l’Union européenne ont été soumises à un examen, dénommé « stress-test ».  celui-ci  ne couvrait cependant pas les plans d’urgence externes.
Dans cet esprit, le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) a procédé à un examen critique du plan d’urgence belge, en tirant les leçons de l’accident de Fukushima et d’autres types d’accidents récents, nucléaires ou non. Cet examen a conduit en mars 2015 à un premier avis  (CSS 9275) sur la protection de la thyroïde (par la prise de comprimés d’iode en cas d’accident). Dans le présent avis, le CSS va plus loin et émet des recommandations sur les actions nécessaires visant à prévenir ou gérer un accident nucléaire. Si l’accent est mis sur le processus de planification d’urgence, le CSS ne peut éviter de placer ses recommandations dans le cadre plus large d’une politique de sûreté nucléaire.

 Trois points clés

Une première conclusion, essentielle, est qu’il faut prendre conscience que, bien que très peu probable, un accident nucléaire sévère peut vraiment se produire, même dans des pays technologiquement à la pointe, et y compris en Belgique. Toutes les Autorités de sûreté européennes sont arrivées à la même conclusion dans un rapport commun récent (HERCA, WENRA, 2014).
Deux autres conclusions fondamentales ont rapport à l’envergure et à la durée des conséquences d’un accident nucléaire sévère, tant sur le plan de la santé (au sens large de l’OMS : physique, mentale et sociale) qu’au plan environnemental et socio-économique. 
L’idée que les conséquences d’un accident nucléaire sévère sont limitées aux environs immédiats du site (par exemple une dizaine de kilomètres pour une évacuation) est contredite par l’expérience pratique. Même pour des centrales de conception occidentale, un accident sévère peut avoir des conséquences à grande distance. Ainsi à Fukushima, malgré des circonstances météorologiques favorables, des zones situées à 30 km et plus ont dû être évacuées. A pareille distance, un accident sévère dans une centrale belge ou située à proximité de la frontière pourrait toucher jusqu’à un million de personnes et des territoires abritant d’importantes activités économiques et des nœuds de trafic européen. Par ailleurs, l’accident de Tchernobyl a démontré que  des cancers de la thyroïde peuvent être provoqués, à des distances de 100 km et plus, dans les populations sensibles (fœtus, enfants) par l’iode radioactif rejeté lors d’un accident nucléaire.
Par ailleurs, les conséquences de tels accidents peuvent durer de très nombreuses années et rendre certaines zones inhabitables pendant plusieurs générations : il faut 30 ans pour que la radioactivité du principal contaminant (Césium 137) dans l’environnement diminue de moitié. Le tissu social et économique des régions touchées serait gravement perturbé pour des dizaines d’années, avec les conséquences psychosociales qui en découlent et qui ont été observées tant à Tchernobyl qu’à Fukushima (symptômes de stress, dépressions, suicides, etc.). Celles-ci se surajoutent aux effets sanitaires à court, moyen et long termes liés directement à l’exposition aux radiations ionisantes : cancers de différents types (particulièrement chez les enfants exposés), pouvant survenir rapidement (leucémies) mais souvent des décades plus tard, effets héréditaires dans la descendance, dommages à l’embryon et au fœtus, cataractes, affections cardio-vasculaires, etc.).

 
L’essentiel des recommandations du Conseil

La planification d’urgence n’est que la dernière étape d’une politique de sûreté nucléaire. L’analyse de risque doit être élargie, en  particulier aux facteurs fondamentaux de risque sous-jacents, et approfondie en vue d’aiguiser la politique de sûreté nucléaire, également dans le cadre de révisions des autorisations et des conditions d’implantation.
Le CSS souligne dans ce cadre la nécessité de réaliser des analyses approfondies de vulnérabilité et d’en tirer les leçons au niveau de la sûreté et de la planification d’urgence. Une analyse de vulnérabilité vise à identifier tous les éléments qui peuvent jouer un rôle aggravant au cours d’un accident. Par exemple : la présence d’autres activités industrielles, les infrastructures de transport, l’impact sur des groupes de populations vulnérables (évacuation d’hôpitaux et de maisons de repos), l’approvisionnement énergétique, etc. Une telle analyse doit également envisager des scénarios très improbables mais aux conséquences lourdes.
Par ailleurs le CSS recommande l’élargissement des zones de planification : 20 km au moins pour l’évacuation, 100 km au moins pour la distribution rapide d’iode non radioactif aux populations cibles, ainsi que pour la mise à l’abri. Il recommande aussi l’élaboration de stratégies de réhabilitation à long terme, visant à reconstruire le tissu social et économique des zones sinistrées. 
Tout accident sévère aura donc une dimension internationale ce qui nécessite de renforcer les accords et coordinations au niveau bilatéral et européen. 
Actuellement, les décisions  sont prises dans un cercle restreint d’experts nucléaires et de décideurs. La communication avec le public a encore souvent un caractère unilatéral d’information. Le CSS prône un processus de communication transparent et structuré (comme il en existe en France par exemple) sur les questions de sûreté nucléaire et sur les processus de planification d’urgence. Tous les acteurs concernés, dont la population, doivent y participer dans un cadre légal. Une telle approche participative améliore la qualité des analyses de vulnérabilité, met en lumière les préoccupations des citoyens et permet aux populations de réagir en connaissance de cause en cas d’accident. Les nouveaux media sociaux devraient être intégrés dans  cette démarche.
Les questions sur le développement de l’énergie nucléaire, sur la sûreté des installations nucléaires et sur les conséquences d’un accident sont complexes et s’accompagnent d’incertitudes. Ces questions touchent inévitablement à des valeurs humaines qui sont appréciées de façon divergente dans la société. Dans ce contexte, le CSS prône une stratégie de précaution. Celle-ci implique de tirer lucidement les leçons des accidents passés, en intégrant des étendues territoriales et des durées de crise réalistes, ainsi qu’un impact européen transfrontalier, et en examinant en détail tous les scénarios possibles, y compris les moins probables, et les vulnérabilités. Une telle approche suppose que tous les intéressés et la population en général soient concernés d’une manière ouverte. Cette stratégie exige aussi que les organes chargés de la surveillance soient, de façon réelle et contrôlable, indépendants des exploitants et des gestionnaires politiques, avec la nécessaire transparence sur les conflits d’intérêts. Dans ce but, le Conseil encourage de compléter au niveau européen la surveillance nucléaire nationale et d’évoluer vers la création d’une Autorité de sûreté européenne au sein de l’Union européenne.
Belga

Journée Internationale de l'Audition - 1 personne sur 3 est déficiente auditive. L'appel à la prévention se renforce.

À l'occasion de la Journée Internationale de l'Audition, les chercheurs européens et américains demandent que de l'attention soit accordée à l'effet du bruit sur notre santé. Seule une personne sur deux est consciente du fait qu'une exposition prolongée au bruit intense peut provoquer des lésions graves. Chez une personne sur trois, l'audition n'est pas parfaitement fonctionnelle. La prévention, même chez les jeunes, est plus que jamais nécessaire pour combattre cette « déficience auditive ».
Des chiffres qui en disent long
Dans nos sociétés urbaines, le bruit est partout. Dans le meilleur des cas, c'est irritant, mais dans certaines situations – les décibels assourdissants d'un concert pop, les outils pneumatiques, le travail dans un environnement de machines bruyantes –, il peut y avoir danger pour l'audition. Un groupe rock produit facilement 110 décibels, soit autant qu'un coup de fusil... qui durerait deux heures. Avec le soutien d'Amplifon, GfK Eurisko a mené une étude auprès de 8.800 personnes dans 47 villes de 11 pays relative à l'effet du bruit sur la santé physique et mentale. Les résultats parlent d'eux mêmes :

- Les gens se plaignent le plus du bruit environnemental (rue, circulation, travail), de la musique, de la radio et de la télé trop fortes, des discussions de groupe trop animées et du niveau sonore des appareils ménagers.
- Seule la moitié des personnes interrogées a conscience de ce qu'une exposition prolongée à des bruits intenses peut non seulement provoquer une perte auditive, mais également avoir un impact sur la santé psychologique (troubles du sommeil, irritabilité, perte de concentration…). 
- Même si 1 personne sur 3 reconnaît ne pas avoir une audition parfaite, seule 1 sur 5 (20 %) utilise un appareil auditif, alors qu'à l'heure actuelle, ils sont à peine visibles et offrent des performances toujours meilleures.
- Au-delà de la perte auditive, l'étude montre deux effets secondaires importants de l'excès de bruit : 10 à 25 % de la population sont confrontés au moins une fois dans leur vie à l'acouphène (bourdonnements d'oreille consécutifs à l'écoute de musique trop forte) – chez 4 % de manière permanente – ; quelque 10 % de la population et 17 % des jeunes souffrent d'hyperacousie (hypersensibilité au bruit). Éviter l'exposition à des niveaux sonores élevés et, à titre préventif, porter des protections auditives comme des bouchons permettent, en l'occurrence, d'éviter bien des dégâts. 
À l'occasion de cette étude, des chercheurs européens et américains liés à des universités et des centres de recherche de premier plan (Cambridge, MIT…) plaident en faveur d'une prévention accrue. Des personnes de tous âges doivent être sensibilisées aux effets du bruit sur la santé. Surtout en Belgique qui, avec les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Italie, forme le quatuor de tête des pays où l'impact négatif sur l'humeur et la santé psychophysiologique se fait le plus lourdement sentir. 

Journée Internationale de l'Audition

Pour cette raison, la prévention est le thème de la Journée Internationale de l'Audition, organisée le 3 mars de chaque année. Avec cette initiative, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'attaque aux conséquences de la perte auditive. Cette année, l'action est centrée sur la perte d'audition chez l'enfant. L'OMS a calculé que 32 millions d'enfants de par le monde étaient affectés dans leur audition (facteurs génétiques, complications à la naissance, infections et maladie, bruits excessifs et médication). Des mesures préventives apportent une solution dans 60 % des cas. Un diagnostic précoce des problèmes d'audition minimise les troubles de développement et facilite la communication, l'éducation et l'intégration sociale ultérieures. Pour cette raison, Amplifon propose dans ses centres des bilans auditifs gratuits (sans but médical) aux personnes de tous âges. Ces bilans sont réalisés par des audiologues diplômés. En fonctions des résultats, le client peut être orienté vers un ORL en vue d'un traitement médical.

mardi 9 février 2016

Faux indépendants et faux salariés : Willy Borsus veut mieux contrôler les statuts mal définis


Le Ministre Classes moyennes, des Indépendants, des PME, de l'Agriculture et de l'Intégration sociale Willy Borsus souhaite revoir en profondeur la loi sur la nature (salariée ou indépendante) des relations de travail. En effet, les organismes impliqués dans le contrôle de cette loi (INASTI, ONSS et l’ensemble du SIRS…) dressent le constat de son impraticabilité depuis l’adoption de la loi de 2012, et donc de la nécessité d’une révision de celle-ci.
C’est pourquoi le Ministre Borsus veut revenir à la loi de 2006 qui prévoyait uniquement 4 critères généraux de nature juridique. Cela implique la suppression des critères spécifiques pour les secteurs à risque.
En effet, actuellement, en plus des 4 critères généraux, des critères spécifiques sont définis pour certains secteurs à risque, ce qui rend les contrôles complexes et donne lieu à des problèmes d’interprétation.
La volonté du Ministre des Indépendants est donc de revenir aux 4 critères qui serviront désormais d’unique base aux contrôles et qui sont les suivants :
- La volonté des parties, telle qu’exprimée dans leur convention ;

- La liberté laissée au travailleur d’organiser son temps de travail ;

- La liberté d’organisation du travail ;

- La possibilité d’exercer un contrôle hiérarchique.

Les secteurs concernés sont demandeurs d’un plus grand contrôle sur la question des associés fictifs et des statuts mal définis.
En 2014, à titre indicatif, 805 personnes ont été régularisées ; elles étaient en effet déclarées comme indépendantes alors que dans les faits, elles devaient être salariées.
Le Ministre des Classes moyennes, des Indépendants, des PME, de l'Agriculture et de l'Intégration sociale Willy Borsus déclare : « Le statut d’indépendant est un statut particulier soumis notamment à l’absence de lien de subordination dans la relation contractuelle. Le critère juridique de la volonté des parties est un critère essentiel qu’il convient de préserver. Parallèlement à cela, j’entends mettre un terme aux cas de fraude, comme par exemple, celle des associés fictifs. »
(Belga)

Indemnité pour la création d'emplois dans le secteur des centres de rééducation


Sur proposition de la ministre des Affaires sociales et de la Santé publique Maggie De Block, le Conseil des ministres a approuvé un projet d'arrêté royal fixant le montant de l’indemnité pour la création d’emplois dans le secteur des centres de rééducation, à partir de l’année 2015.
Dans le cadre de la sixième réforme de l'État, un montant de 1.400.000 euros a été transféré aux entités fédérées pour la mesure de l'accord social visant la création d’emplois de 28 équivalents temps plein (ETP) à 50.000 euros par ETP, pour les centres de rééducation privés. 
Deux ETP ont toutefois été accordés à des institutions qui sont restées fédérales après ce transfert. Afin de donner au Fonds Maribel social les moyens financiers nécessaires au financement de ces deux ETP, l’INAMI versera 100.000 euros à ce Fonds, pour les institutions des services de santé concernées.

Le projet est soumis à la signature du Roi.

Projet d’arrêté royal fixant le montant de l’indemnité pour la création d’emplois, prévue dans l’accord du 24 octobre 2012 conclu entre le Gouvernement fédéral et les organisations représentatives des employeurs et des travailleurs des secteurs fédéraux, pour le secteur des centres de rééducation à partir de l’année calendrier 2015.

vendredi 22 janvier 2016

Plafond de rémunération pour le congé-éducation payé


Sur proposition du ministre de l'Emploi Kris Peeters, le Conseil des ministres a approuvé un projet d'arrêté royal qui fixe le plafond de rémunération normale pour le congé-éducation payé 2015-2016.

Dans le cadre de la réglementation du congé-éducation payé, le travailleur qui suit une formation a le droit de s’absenter de son travail, sous certaines conditions, pendant un certain nombre d’heures avec maintien de sa rémunération normale. Le projet fixe ce plafond de rémunération normale, pour l’année scolaire 2015-2016, à 2.760 euros.

Le projet a reçu un avais positif du Conseil national du travail. Il est transmis pour avis au Conseil d'Etat.

Projet d’arrêté royal modifiant l’arrêté royal du 23 juillet 1985 d’exécution de la section 6  Octroi du congé-éducation payé dans le cadre de la formation permanente des travailleurs - du chapitre IV de la loi de redressement du 22 janvier 1985 contenant des dispositions sociales.

Belga

Le Médiateur fédéral ouvre deux nouvelles permanences : Arlon et Wavre


Si les habitants des régions d'Arlon et de Wavre rencontrent un problème avec une administration fédérale, ils ont dorénavant la possibilité de rencontrer le Médiateur fédéral près de chez eux. Le Médiateur fédéral se rend une fois par mois dans chaque province pour tenter de résoudre des situations problématiques.

Soucieux d’offrir un point de contact proche des habitants des provinces du Luxembourg et du Brabant wallon, le Médiateur fédéral vient d’ouvrir une nouvelle permanence à Arlon et Wavre. Une fois par mois, un membre de l’équipe du Médiateur fédéral se déplace pour écouter les personnes qui rencontrent un problème avec une administration fédérale et enregistrer leur plainte.

Arlon et Wavre

Le Médiateur fédéral se rend à Arlon tous les quatrièmes lundis du mois de 10h à 15h, à l’Espace Wallonie (Place Didier 42). Il est nécessaire de prendre rendez-vous au 063 43 00 30.

Il est à Wavre tous les premiers mercredis du mois de 10h à 12h et de 13h30 à 15h30, à l’Hôtel de Ville (Place des Carmes 10). Egalement sur rendez-vous au 0800 99 961.

Quelle est la procédure ?

1. Vérifier que le problème concerne bien une administration fédérale.

2. Essayer de régler son problème avec l’administration concernée.

3. Si les personnes ne sont pas satisfaites, elles peuvent prendre rendez-vous avec le Médiateur fédéral.

Dans toutes les provinces

En collaboration avec d'autres médiateurs, le Médiateur fédéral tient aussi une permanence dans neuf autres villes, dont Charleroi, Namur, Liège et Mons. 

Découvrez où et quand rencontrer le Médiateur fédéral



 Le Médiateur fédéral est un service gratuit dont la mission est de traiter les plaintes des citoyens qui rencontrent un problème avec une administration fédérale. Indépendant, le Médiateur fédéral résout des problèmes individuels et mène des enquêtes impartiales sur le fonctionnement des administrations. Il veille au respect des droits des citoyens. Il examine également les signalements d'atteintes à l'intégrité au sein des administrations fédérales.

lundi 18 janvier 2016

Traitement du cancer du rectum: le point sur les dernières données scientifiques


Le cancer de l’intestin est le cancer le plus fréquent après celui du poumon et de la prostate chez l’homme et après celui du sein chez la femme. Environ 30% de ces cancers prennent naissance dans la dernière partie de l’intestin, le rectum. Le Centre fédéral d’Expertise des Soins de santé (KCE) avait développé des recommandations pour le traitement de ce cancer en 2007. Il publie aujourd’hui une mise à jour sélective sur base des données scientifiques les plus récentes, réalisée en collaboration avec de nombreux cliniciens et des représentants de patients. Pour la détermination de la taille et de l’étendue de la tumeur, il est recommandé de faire appel à la résonance magnétique (IRM). Sur le plan du traitement, l’intervention chirurgicale est le plus souvent inévitable, mais dans les stades débutants, l’ablation de la tumeur peut être suffisante, ce qui améliore la qualité de vie du patient.

Le cancer de l’intestin est le plus fréquent après celui du poumon et celui de la prostate chez l’homme, et après celui du sein chez la femme. Environ 30% des cancers de l’intestin prennent naissance dans le rectum, qui est la portion terminale de notre gros intestin. C’est un cancer qui touche davantage les hommes que les femmes : d’après la Fondation Registre du Cancer, il y a eu en 2013 presque 1500 hommes atteints, pour environ 1000 femmes.

Une remise à jour nécessaire

La première recommandation nationale du KCE relative au cancer du rectum date de 2007. Elle avait été développée en collaboration avec – et en soutien de – l’initiative PROCARE, lancée par un groupe de cliniciens dynamiques résolus à améliorer la qualité des soins pour ce cancer. Depuis lors, des indicateurs de qualité ont été élaborés, ainsi qu’un système d’enregistrement et de feedback. Bien sûr, cette recommandation de 2007 devait tôt ou tard être mise à jour. Une révision complète étant irréalisable vu les moyens disponibles, les chercheurs ont décidé de se focaliser sur les points pour lesquels il était le plus urgent de réactualiser les directives.

Ils ont parcouru la littérature scientifique et analysé les données récoltées en étroite collaboration avec de nombreux professionnels de terrain (oncologues, gastro-entérologues, chirurgiens, etc.) ainsi que des représentants de patients

L’IRM recommandée pour évaluer le stade de la tumeur

Quand un cancer du rectum est diagnostiqué, la première étape est de déterminer jusqu’à quelle profondeur il s’étend dans la paroi intestinale, et si des métastases sont apparues (dans les ganglions proches de la tumeur ou dans des organes éloignés). En fonction de ces éléments, on établit le « stade » de la tumeur. À chaque stade correspond un traitement différent.

Pour déterminer le stade de la tumeur, la technique d’imagerie optimale est la résonance magnétique (IRM). Mais comme il est indispensable que cette technique soit pratiquée de manière standardisée, des descriptions détaillées de la marche à suivre pour déterminer correctement le stade ont été rédigées par des radiologues spécialisés (protocoles). Si une IRM est impossible ou s’il est nécessaire d’obtenir des informations supplémentaires, une endo-échographie peut aussi être pratiquée.

Une opération simple suffit pour les stades débutants

Quand le diagnostic est posé tôt et que le cancer est encore à un stade très débutant, le cancer du rectum se traite plus facilement. C’est pour cette raison que, depuis quelques années, un dépistage systématique est organisé dans la population. Ce dépistage permet de découvrir des cancers qui n’ont pas encore causé de symptômes.

Le traitement du cancer du rectum passe quasi toujours par une opération chirurgicale, mais s’il s’agit d’un stade débutant (p.ex. au stade d’un polype qui n’entame que les couches superficielles de la paroi interne de l’intestin) et s’il n’y a pas de métastases, se limiter à enlever la tumeur peut être suffisant. Cela peut même se faire à l’aide d’un endoscope (un tube flexible muni d’une caméra) introduit par l’anus, ce qui évite de devoir ouvrir la paroi abdominale. Ces opérations limitées permettent de garder le reste de l’intestin en place et d’épargner au patient le désagrément d’une « poche », même temporaire. Il en résulte donc une amélioration notable de la qualité de vie. Toutefois, une surveillance à long terme restera toujours nécessaire.

Respecter les préférences du patient

Lors du choix du traitement, les aspects médicaux ne sont pas les seuls à devoir être pris en considération : les préférences du patient ont aussi leur importance. C’est pourquoi il est essentiel que celui-ci soit toujours dûment informé en temps utile des différents traitements possibles, ainsi que de leurs avantages et inconvénients respectifs.

Le Collège d’Oncologie et les associations professionnelles des disciplines médicales concernées seront responsables de la mise en œuvre de ces nouvelles recommandations. Celles-ci devraient idéalement être revues dans 5 ans, étant donné l’évolution rapide des connaissances en ce domaine.


Qu’est-ce qu’une recommandation de pratique clinique ?La médecine est en évolution constante et on ne peut pas attendre des médecins qu’ils soient toujours à la pointe pour chaque nouveau développement. C’est pourquoi ils peuvent s’appuyer sur les recommandations de pratique clinique (encore appelées guidelines ou directives). Ces documents, basés sur les plus récentes évolutions scientifiques, leur offrent un fil conducteur pour aborder certains problèmes spécifiques. Le KCE a déjà développé de nombreuses recommandations de pratique clinique, non seulement pour le diagnostic et le traitement de différents cancers, mais aussi sur des sujets aussi divers que les examens à réaliser pendant la grossesse, la prise en charge de l’autisme, la prévention de la prématurité, la prévention des escarres, etc.

Centre Fédéral d'Expertise des Soins de Santé